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oiseau feuille

 

Dans les ténèbres de la nuit froide d'ici, j'ai vu apparaître,

fragile comme venant de naître,

un coeur qui palpitait couvert de plumes et de duvet blanc.

Il voletait, tremblait, perdu il grelottait,

il vascillait, en cherchant les grands arbres.
Demain n'existait plus pour la pluspart des gens d'ici.

Les cerveaux éraient, égarés,

gelés par le grand froid d'la peur d'un manque pourtant déjà présent,

peur d'un futur qui avançant à grands pas, allait leur faire payer leurs manquements.
La plus part d'entre eux pourtant,

n'avaient fait que suivre le grand élan de quelques uns d'entre eux

qui dans un grand égarement avaient goulûment mangés des parts qui revenaient à des enfants,

au loin, bien loin dans d'autres continents.
La multitude s'en allait toujours pourtant,

élire la grande voix qui ment,

la grande voix gourmande qui commencait à manger la part d'enfants d'ici,

préparant une nuit encore plus froide, encore plus grise.
La grande voix élue pérorait fièrement d'être à la tête de pays d'occident

dont les peuples commençaient à souffrir tellement

que ce qui fut grand se réduisait dangereusement.

La grande voix à cours d'arguments

devenait d'un bois qui brûle si facilement

qu'elle n'avait plus qu'un seul recours :

renforcer son grand rempart d'argent et honteusement en son for intérieur penser :

"Je sais bien que je mens, mais comment faire autrement ?

j'aurais toujours l'argent pour l'armement".
Ceux qui initièrent tous ces comportements allaient mourir maintenant,

leurs fils ingrats et ignorants creusant la tombe de leurs propres enfants.
Demain n'existait plus pour la pluspart des gens d'ici,

et quelques uns seulement éprouvaient, sentaient le début d'un grand vertige :

un monde se préparait à basculer.
Dans les ténèbres de la nuit froide d'ici j'ai vu apparaître l'oiseau de paix,

il n'avait plus de nid que dans le coeur de quelques enfants,

qui voletaient, tremblaient, qui vascillaient...

tandis qu'on coupait les grands arbres. 


- Paris Mai 1995 -


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